Retour sur l’eau pour Nick et Maggie >> Reportage photo

Saviez-vous qu’une tonne transportée par voie d’eau réduit jusqu’au 8 fois moins les émissions GES ( gaz à effet de serre ) par rapport à une tonne transportée sur 4 roues ?

Et saviez-vous que la France possède le plus grand réseau européen pour petits gabarit ( Freycinet ) ?

Comme on peut le lire dans cette lettre adressée à la Ministre pour la transition écologique sur ce lien https://www.senat.fr/questions/base/2022/qSEQ220126162.html

<< l’état actuel des 5 000 kilomètres de voies navigables Freycinet et petit gabarit est très dégradé aujourd’hui et souffre d’une insuffisance chronique d’investissement et d’entretien.(…) Les canaux s’envasent, ce qui limite la capacité des bateaux et obère la compétitivité du transport de marchandises. La navigation y est de plus en plus souvent interrompue, et la plupart du temps pour de longues périodes. >>

Malheureusement l’état et donc VNF (voies navigables de France) investissent dans le réseau pour les gros gabarits ( bateaux jusqu’à 4400 tonnes de charge utile sur 2400 km de réseau ) alors qu’en France le réseau pour petits gabarits ( bateaux de 250 à 350 tonnes de charge utile ) est 2 fois plus étendu et le seul qui puisse relier les différents bassins du Rhône, de la Seine, du Rhin et de l’Escaut. Ce formidable réseau est en train de mourir et avec lui nombreux potentiels de chargement de marchandises. Ceci, comme on peut le lire encore sur cet autre article https://www.batorama.com/fr/blog/appel-anpei-sauvegarde-voies-navigables-canaux-freycinet

<< Tout simplement car il y a un manque d’entretiens depuis plusieurs décennies. L’envasement entraîne une plus grande érosion des berges, dont la matière se retrouve au fond du canal, pour une accentuation du phénomène d’envasement. Avec le manque d’enfoncement, les conditions de navigation empirent pour les péniches de fret, les péniches-hôtels et les gros bateaux de plaisance. Leur trafic diminue de plus en plus. Sans leur passage, l’eau n’est plus troublée, les plantes aquatiques invasives bénéficient d’une grande luminosité et prolifèrent de manière anarchique, ralentissant le flux de l’eau et augmentant encore l’envasement. >>

C’est triste parce que l’entretenir serait bien plus écologique et cela permettrai une micro-economie à l’échelle plus humaine et familiale. Des familles entières pourraient vivre sur des péniches s’occupant du transport flottant comme il se passait d’ailleurs une fois, alors que Nick et Maggie étaient bateliers sur les voies navigables entre Allemagne, Hollande, Belgique et enfin le Rhône.

Moi je les ai rencontrés quand il venait tout juste de quitter la navigation mais j’ai toujours entendu parler et j’ai toujours fantasmé leur vie flottante. Après des années au soleil des Pouilles, où ils habitent sur la pointe de botte, ils ont voulu revivre l’émotion d’un voyage en péniche et ils ont rejoint leur ami Sam, sur sa péniche d’époque, le Willy.

Voici un article à ce propos, écrit par Catherine Jauffred, elle aussi membre de l’équipage, que j’ai eu le plaisir de rencontrer quand je suis allée les rejoindre sur la Seine, à Paris, il y a deux semaines. Ils y étaient pour livrer une quinzaine de palettes de cartons de vin chargées sur le Rhône. L’article de Cathy rend mieux que mes mots la militance pour soutenir la cause du transport sur le petit gabarit et l’ensemble du réseau fluvial européen, je vous invite vivement à le lire :

https://www.actu-transport-logistique.fr/npi-magazine/thematiques/acteurs/un-bateau-fluvial-centenaire-relie-toulouse-a-rouen-pour-defendre-les-canaux-780631.php

Moi, de mon coté, j’ai juste prise quelques images des mes chers amis, Nicolas Gray et Maggie Armstrong, dans leur retour épique sur l’eau, après des années, et de leurs hôtes super accueillants.