In Limine

CREDITS_Cast: Jules Leduc, Alexis Ochin, Jérémy Joanes, Felìcia Gloria D’assunçao-Pailleux, Damien Gouverneur, Alain Dubar | Scénario et réalisation: Rossella Piccinno | Image: Giorgio Giannoccaro | Son: Aurélie Valentin | Création sonore et Music editing: Anna Sara D’Aversa et Alessandro Giovannucci (SineRequie) | Production: Artois Comm./Lab-Labanque avec la participation du Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains | durée: 24’45” | Full HD | France, Portugal 2014.

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Synopsis:

(English)

“In Limine” (Latin for “at the threshold”) explores the remembrance of the First World War, the process of construction of collective memory and the spiritual power of “telling stories”.
The film focuses on the image and story of the “Christ of the Trenches”. The “Cristo das Trincheiras” was a statue in Neuve-Chapelle damaged by bombing in 1915, which was salvaged by Portuguese soldiers and preserved in their trenches. In spite of persistent fighting, the soldiers religiously guarded the statue. Seen as a symbol of the Portuguese sacrifice in the Netherlands, the Portuguese government requested the Christ of the Trenches from Neuve-Chapelle in 1957 and it was installed in the Monastery of Batalha, above the graves of two unknown Portuguese soldiers who died during the Great War.
“In Limine” takes us across many thresholds, examining the remembrance policy of a nation that monumentalises a tragic event, the critical and restorative nature of art, the private act of mourning, the physical traces of memory in the earth and the everyday indifference of passing time.

(Français)

“In Limine” (en latin « sur le seuil ») est un film qui s’interroge sur la mémoire de la Première Guerre mondiale à partir d’une image et d’une histoire, celle du Christ des tranchées, « Cristo das trincheiras », cette statue meurtrie par les bombardements de Neuve-Chapelle en 1915, que les soldats portugais avaient récupéré dans leurs tranchées et sur lequel ils veillaient religieusement, comme si en dépendaient leurs espoirs de rentrer en vie au pays. Devenu un véritable symbole du sacrifice portugais en France, il avait été réclamé par le gouvernement portugais en 1957 et rapatrié en grande pompe à Lisbonne, pour être après installé dans l’église du monastère de Batalha, édifiée entre 1388 et 1533 afin d’honorer les morts pour la patrie. Scellé au mur, il domine encore aujourd’hui les tombeaux de deux soldats inconnus morts durant la Grande Guerre, l’un en France et l’autre en Afrique.

Le film nous conduit entre la France et le Portugal, dans les lieux liés à cette histoire. La politique de la mémoire par une nation qui monumentalise un évènement tragique, le travail critique et réparateur de l’art, la mémoire privée du travail du deuil, les traces physiques de la mémoire dans la terre, l’indifférence quotidienne du temps qui passe, sont autant de seuils à travers lesquels ce film nous conduit.

 (Italiano)

In Limine (in latino Sulla Soglia) è un film che si interroga sulla memoria della Prima Guerra Mondiale e sulla relazione che, nel corso del tempo, instauriamo con i luoghi e con gli oggetti di memoria. Perno di questa riflessione è l’immagine e la storia del Cristo delle Trincee, una statua martoriata dai bombardamenti di Neuve-Chapelle nel 1915, che i soldati portoghesi recuperarono nelle loro trincee facendone un oggetto apotropaico. Diventata simbolo del sacrificio portoghese in Francia, fu reclamata dal governo portoghese per essere eretta nel monastero di Batalha, sulla tomba di due militi ingnoti morti durante la guerra, uno in Francia, l’altro in Mozambico.

La politica della memoria di una nazione che monumentalizza un evento tragico, le tracce fisiche della memoria nella terra, il lavoro del lutto, l’indifferenza quotidiana del tempo che passa, sono alcune delle soglie su cui si costruisce la memoria collettiva e attraverso cui il film ci conduce.

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Note d’Intention

(Français)

In Limine est un film qui s’interroge sur la mémoire de la Première Guerre mondiale, sur le processus de construction de la mémoire collective et sur la faculté spirituelle de « narrer des histoires ». D’où partir pour élaborer le souvenir d’une guerre qu’on n’a pas vécu et dont n’existent plus de témoins? Est-ce qu’on peut vraiment « imaginer » et « comprendre » la guerre? Est-ce qu’on peut en soigner la blessure? Est-ce que c’est possible, à travers l’art, de guérir la conscience collective par ce trauma? Les témoins de cette mémoire du Christ des Tranchée, que la grande Histoire a emprunté à la petite histoire, cherchent, par leurs actions, de ramener cette narration, sculptée par l’histoire officielle, à une mémoire discrète, rendue vivante par la quotidienne confrontation avec la mort et le deuil, transformée par le dialogue constant avec des questions encore irrésolues, transfigurée par le pouvoir salvateur de l’imagination. Le paysage sonore du film – qui a été confié, comme pour mon précèdent travail, “Déhalage”, aux duo de compositeurs SineRequie – reproduit un flux des discours qui part par des donnés historiques, ressortis par la mémoire collective, pour arriver à composer une matière sonore qui évoque la psyché profonde.

(Italiano)

Lavorando a In Limine mi sono interrogata sul perché della memoria e su come fosse possibile creare un discorso sulla memoria della guerra in un linguaggio che fosse contemporaneo, lontano dalla retorica e che non sfruttasse materiali d’archivio pre-esistenti. La sfida era particolarmente ardua perché il mio lavoro partiva da una storia in particolare, quella del “Cristo delle trincee”, che è anche un’immagine, una cartolina d’epoca del dopoguerra che è diventata un’icona.
Quella del Cristo delle Trincee è una narrazione che il tempo e la storia ufficiale hanno totalmente cristallizzato. Mi sono chiesta, al di là della retorica patriottica che associa il sacrificio del Cristo a quello dei soldati, che cosa significasse questo simbolo. Ho scoperto che poteva essere il paradigma di un bisogno di narrazione proprio del processo di costruzione della memoria collettiva e delle varie soglie che la attraversano.

Film Stills:

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