Un quartier ça veut dire

SAMEDI 15 MARS 2025 j’ai le plaisir de vous inviter, au vernissage de ma prochaine exposition UNE QUARTIER ÇA VEUT DIRE


Je vous attends à L’Espace Croisé, Centre d’art contemporains, situé dans l’ex-couvent des Clarisses, au 2 rue de Wasquehal, à Roubaix. 
Le vernissage se déroulera de 14h00 à 20h00, avec deux visites guidées à 16h00 et 18h00.

Au plaisir de vous y retrouver et d’échanger avec vous.
Rossella Piccinno


Avec l’exposition Un quartier ça veut dire, l’artiste Rossella Piccinno donne la voix aux habitant·es du quartier de l’Epeule à Roubaix, un quartier en pleine mutation et soumis au nouveau programme de renouvellement urbain. Ce programme apporte des modifications profondes et dessine une nouvelle cartographie du territoire.

 

Durant deux années, Rossella Piccinno est partie à la rencontre de ses habitant·es. Ses investigations sur le terrain lui ont ouvert les portes d’un champ visuel à la fois intime et collectif. Par ses rencontres, l’artiste a co-créé des images avec les protagonistes ; des photographies qui symbolisent la manière dont ils traversent cette transformation. L’exposition Un quartier ça veut dire interroge ce moment de transition cruciale et nous parle, d’une manière ou d’une autre, du sentiment d’appartenance, de la peur de la dépossession, de l’élan et de la résistance face à ce changement. 


Action financée par la préfecture du Nord et la ville de Roubaix dans le cadre du programme ¨Contrat de Ville¨ 2023-2024.

VOICI LA VERSION WEB DU LIVRE PHOTO : https://heyzine.com/flip-book/4710c74f72.html


« Un village ça veut dire ne pas être seul, savoir que dans les gens, dans les plantes, dans la terre il y a quelque chose à toi, que même quand tu n’es pas là, reste à t’attendre. »

Cesare Pavese, La lune et les feux de joie

J’ai emprunté le titre de ce projet « Un quartier ça veut dire » à ces vers de Cesare Pavese, en remplaçant le mot village par quartier, car la particularité du quartier de l’Epeule, à Roubaix, est qu’il ressemble à un village.

Ce quartier central et multiforme, composé de maisons ouvrières, de maisons bourgeoises et de logements sociaux, avec sa rue principale bordée de petits commerces, n’a rien d’une banlieue anonyme, privée de services et coupée du reste de la ville, comme c’est souvent le cas pour les quartiers impliqués dans des plans de rénovation urbaine.

Au contraire, l’Epeule est une petite ville dans la ville, un microcosme aux multiples facettes culturelles, qui unit ses habitant·es autour d’un fort sentiment d’appartenance. Nombreux·se sont ceux et celles qui, venu·es d’ailleurs, ont trouvé dans ce quartier populaire un terrain fertile pour y transplanter leurs racines, créant entre eux et elles des liens de solidarité forts. C’est pourquoi il est difficile pour beaucoup d’entre eux et elles de devoir partir à cause d’une rénovation urbaine impliquant une certaine dédensification.

Le sociologue Henri Lefebvre envisage la ville comme une projection des rapports sociaux. Il distingue deux types de relations à l’espace. L’appropriation, par laquelle les habitant·es expriment leur possession plus ou moins exclusive d’un
territoire : construction, décoration, occupation, propreté, barrières réelles ou symboliques. Les rapports de domination, notamment par les dispositifs collectifs d’aménagement : règlements d’urbanisme, normes d’hygiène et de sécurité, administration, gestion, police.
En m’inspirant de ces principes, j’ai posé mon

regard sur le quartier de l’Epeule et je suis allée à la rencontre de ses habitant·es.

Au cœur de ce vaste programme de réaménagement urbain, de nombreux·se locataires des logements sociaux sont contraint·es de déménager. De même, les propriétaires de vieilles maisons ouvrières font face à des propositions d’achat en vue de futures requalifications ou démolitions.

Par ma pratique artistique, j’ai porté mon regard sur une situation touchant à la fois la sphère publique et domestique. Comment une décision d’une telle ampleur impacte-t-elle les personnes concernées ?

« Un quartier ça veut dire » recueille la parole de certain·es de ces habitant·es, rencontré·es chez eux et chez elles ou dans des lieux solidaires.

Investir un lieu pendant un temps donné, selon ma démarche, revient à jeter des dés. Me considérant plus comme une flâneuse qu’une ethnographe, ce projet s’est construit au fil de rencontres fortuites. Je tiens, donc, à préciser qu’il est le fruit des circonstances : celles qui ont fait qu’au moment où j’étais là, j’ai rencontré certaines personnes et pas d’autres, suivi certaines pistes selon mon intuition et mes préférences personnelles, pour finalement tisser des récits visuels à partir des mots recueillis de cette façon si aléatoire et, dirais-je, vitale.

Mon œuvre n’est pas une étude sur la façon dont les habitant·es de l’Epeule vivent la rénovation urbaine. Je n’ai pas la prétention d’avoir mené un travail sociologique.

Ce projet se compose de fenêtres que j’ai ouvertes sur ce champ visuel : celui de ceux et celles qui partent, de ceux et celles qui luttent pour rester, de ceux et celles qui déménagent juste en face ou à côté.

Un regard sur cette réalité existante, que j’ai tenté de traduire en images, en partant du ressenti des habitant·es participant·es et en co-création avec eux et elles au moins sur une image particulièrement symbolique et signifiante.

 » Un quartier ça veut dire  » nous parle, d’une manière ou d’une autre, du sentiment d’appartenance, de la peur de la dépossession, de l’élan et de la résistance face à ce changement.

*https://www.techno-science.net/glossaire-definition/Sociol ogie-urbaine-page-2.html