Un texte consacré à mon travail sur la revue italienne Isla

Je suis heureuse de partager un texte consacré à mon travail, signé Iris Bernardini et paru sur la revue italienne Isla ( c’est écrit en italien mais vous pouvez activer la traduction ).

L’article met en relation ma recherche avec des références qui l’ont toujours nourrie, certaines revendiquées, d’autres restées implicites : Barthes, Ernesto de Martino, Jung, Merleau-Ponty. Il en dégage le fil conducteur, celui de faire de l’image le lieu d’un rite qui remue la matière vive de la mémoire, pour guérir, conjurer, transmuer.

Il y est question de photographie participative, de cinéma documentaire, mais aussi de transmission : ce que j’essaie de partager avec mes étudiants, à l’Université de Lille comme au Centre d’arts plastiques et visuels, c’est avant tout une manière de regarder et de concevoir l’image.

Merci à Iris Bernardini pour ce regard attentif, et à Isla pour l’avoir accueilli.

Le lien pour le lire est ici :

https://www.isla-media.com/l/la-camera-profonda-il-rito-dell-immagine-in-rossella-piccinno

Dans son texte, Iris Bernardini montre comment je fais passer la photographie du simple document au rite. Là où Barthes s’arrête sur la contemplation mélancolique de l’image, mon travail rejoint selon elle Ernesto de Martino : l’acte photographique y devient un dispositif d’intégration et de rédemption. L’autrice situe ma pratique à la croisée de l’autobiographie intime et de l’enquête ethnographique. Elle y voit un travail qui refuse tout voyeurisme anthropologique, une pratique participative qui efface la frontière entre celle qui regarde et ceux qui sont regardés. Elle remonte à mes racines salentines, que mes études à Bologne puis au Fresnoy ont affinées, et à une imagerie psycho-projective d’inspiration jungienne, où l’image sert de miroir au trauma et à l’inconscient. Elle évoque aussi un « art à kilomètre zéro », ancré dans des territoires et des communautés précis, et la photographie participative comme outil d’émancipation politique et sociale. Elle s’arrête sur La mécanique de la grive, qu’elle considère comme une œuvre exemplaire : la traversée d’une forêt y devient une descente intérieure, vers le trauma familial, l’autorité paternelle et la réconciliation.

En conclusion, Iris Bernardini décrit ma manière de concevoir la photographie : une expérience de seuil, qui engage le corps, la responsabilité et l’amour de l’humain, et qui résiste par la lenteur et l’attention à la saturation des images.


Sono felice di condividere un testo dedicato al mio lavoro, firmato da Iris Bernardini e pubblicato sulla rivista Isla.

L’articolo mette in relazione la mia ricerca con riferimenti che l’hanno sempre nutrita, alcuni dichiarati, altri rimasti impliciti: Barthes, Ernesto de Martino, Jung, Merleau-Ponty. Ne coglie il filo conduttore, cioè fare dell’immagine il luogo di un rito in cui si rimesta la materia viva della memoria, per guarire, scongiurare, trasmutare.

Si parla di fotografia partecipativa e di cinema documentario, ma anche di trasmissione: quello che cerco di condividere con i miei studenti, all’Università di Lille come al Centre d’arts plastiques et visuels, è prima di tutto un modo di guardare e di pensare l’immagine.

Grazie a Iris Bernardini per questo sguardo attento, e a Isla per averlo accolto.

Il link per leggerlo è qui:
https://www.isla-media.com/l/la-camera-profonda-il-rito-dell-immagine-in-rossella-piccinno

Nel suo testo, Iris Bernardini mostra come io porti la fotografia dal semplice documento al rito. Là dove Barthes si ferma alla contemplazione malinconica dell’immagine, il mio lavoro, secondo lei, incontra Ernesto de Martino: l’atto fotografico diventa un dispositivo di integrazione e di riscatto. L’autrice colloca la mia pratica all’incrocio tra l’autobiografia intima e l’indagine etnografica. Vi riconosce un lavoro che rifiuta ogni voyeurismo antropologico, una pratica partecipativa che cancella il confine tra chi guarda e chi è guardato. Risale alle mie radici salentine, affinate dagli studi a Bologna e poi al Fresnoy, e a un immaginario psico-proiettivo di ispirazione junghiana, in cui l’immagine fa da specchio al trauma e all’inconscio. Parla anche di un’«arte a chilometro zero», radicata in territori e comunità precisi, e della fotografia partecipativa come strumento di emancipazione politica e sociale. Si sofferma su La mécanique de la grive, che considera un’opera esemplare: l’attraversamento di un bosco diventa una discesa interiore, verso il trauma familiare, l’autorità paterna e la riconciliazione.

In conclusione, Iris Bernardini descrive il mio modo di intendere la fotografia: un’esperienza di soglia, che coinvolge il corpo, la responsabilità e l’amore per l’umano, e che resiste alla saturazione delle immagini con la lentezza e l’attenzione.